Broderie professionnelle

Broderie ou impression : choisir la bonne technique

La broderie n'est pas toujours la meilleure réponse à une demande de marquage textile. Savoir la comparer honnêtement au DTF, à la sérigraphie et au flex permet de conseiller juste et de ne garder que les commandes où elle excelle.

Mis à jour le IntermédiairePratique : 13 minLecture : 4 minPar la rédaction Broderie Lab

Quatre techniques, quatre logiques

Broderie
Le motif est construit en fil, point par point. Relief, brillance, image haut de gamme et grande durabilité. Coût lié au nombre de points, donc à la surface couverte, plus une numérisation initiale.
DTF (direct to film)
Le visuel est imprimé sur un film, recouvert d'une poudre adhésive, puis transféré à chaud. Toutes les couleurs et les dégradés sans surcoût, sur une large gamme de textiles, sans frais de mise en route lourds. Toucher souple mais perceptible, couche en surface.
Sérigraphie
L'encre est déposée à travers un écran préparé pour chaque couleur. Rendu dense et durable, très économique en grande série, peu adaptée aux petites quantités à cause de la préparation des écrans. Le coût augmente avec le nombre de couleurs.
Flex (vinyle thermocollant découpé)
Un film coloré est découpé au plotter, échenillé puis pressé à chaud. Idéal pour les textes, prénoms, numéros et formes simples en une ou deux couleurs, en très petite quantité. Peu adapté aux visuels détaillés ou multicolores.

Tableau comparatif

Les appréciations ci-dessous sont qualitatives et générales. La qualité réelle dépend beaucoup du matériel, des consommables et du savoir-faire de chaque atelier.

CritèreBroderieDTFSérigraphieFlex
Image perçueHaut de gamme, reliefModerne, netClassique, denseSportif, graphique
Détails fins et petits textesLimités par l'épaisseur du filTrès bonsBonsLimités par la découpe et l'échenillage
Dégradés et photosInterprétation styliséeOuiOui avec techniques adaptéesNon
Effet du nombre de couleurs sur le coûtFaible (changements de fil)NulFort (un écran par couleur)Fort (une couche par couleur)
Coût de mise en routeNumérisation par logoFaibleÉlevé (écrans)Faible
Petites quantitésBien adaptéeTrès bien adaptéePeu adaptéeTrès bien adaptée
Grandes sériesPossible, limitée par le temps machinePossibleTrès bien adaptéePeu adaptée
Grands visuelsCoûteux et rigidesOuiOuiPossible mais lourd
Textiles épais (polaire, sweat, casquette)ExcellenteBonne selon surfaceBonne sur surfaces planesVariable
Textiles fins et extensiblesDélicateBonneBonneBonne avec flex adapté
DurabilitéTrès bonneBonne si bien appliquéTrès bonneBonne à moyenne selon le film

Arbre de décision pour une demande client

  1. Le visuel contient-il une photo, des dégradés ou de nombreux détails très fins ? Si oui, orientez vers le DTF ou la sérigraphie. Si non, continuez.
  2. Le marquage est-il un grand visuel (dos, pleine poitrine) sur un textile fin ? Si oui, l'impression est généralement plus confortable et plus économique. Si non, continuez.
  3. Le support est-il épais ou structuré (polaire, sweat, veste, casquette, sac en toile) ? Si oui, la broderie est souvent le meilleur choix. Continuez pour vérifier la quantité.
  4. Quelle est la quantité ? Pour une très grande série d'un visuel en peu de couleurs, comparez avec la sérigraphie. Pour de l'unité ou des noms et numéros variables, comparez avec le flex ou le DTF.
  5. Quelle image le client veut-il donner ? Pour une tenue d'accueil, d'hôtellerie ou une image haut de gamme, la broderie apporte une valeur perçue que l'impression n'offre pas.

Les solutions mixtes

Les techniques se combinent souvent mieux qu'elles ne s'opposent :

  • Logo brodé côté coeur et grand visuel imprimé au dos : la combinaison classique des vêtements de club et d'entreprise.
  • Logo brodé et noms ou numéros en flex : la broderie pour l'identité commune, le flex pour la personnalisation à l'unité.
  • Écusson brodé cousu ou thermocollé : il permet d'apposer une broderie sur un support difficile à cercler ou sensible aux perforations, comme une veste technique. Voir écussons et patchs.

Expliquer le choix au client

Beaucoup de clients demandent « de la broderie » par réflexe de qualité, sans en connaître les contraintes. Expliquez simplement trois points : le coût dépend de la surface brodée, les détails trop fins seront simplifiés, et un grand motif rendra le vêtement plus rigide. Montrez un échantillon de chaque technique si possible. Pour chiffrer la partie brodée, appuyez-vous sur la méthode de fixer ses prix. Pour l'adaptation du visuel, voir image ou fichier de broderie, et pour les tee-shirts, la page t-shirt et jersey.

Questions fréquentes

La broderie dure-t-elle plus longtemps que l'impression ?

En général, une broderie bien réalisée sur un support adapté vieillit très bien et survit souvent au vêtement. Les impressions de bonne qualité tiennent aussi longtemps, mais peuvent se craqueler, se décolorer ou se décoller selon le procédé, la qualité d'application et l'entretien.

Peut-on broder un visuel avec dégradés ou une photo ?

On peut l'interpréter avec un nombre limité de couleurs de fil, mais le rendu reste stylisé. Pour reproduire fidèlement dégradés et photos, le DTF ou la sérigraphie en quadrichromie sont mieux adaptés.

Qu'est-ce que le DTF ?

Le DTF, pour direct to film, consiste à imprimer le visuel sur un film, à le recouvrir d'une poudre adhésive puis à le transférer sur le textile à la presse à chaud. Il permet des visuels multicolores sur de nombreux textiles, sans frais d'écran.

Pourquoi la sérigraphie est-elle rentable surtout en grande quantité ?

Parce qu'elle demande de préparer un écran par couleur avant de pouvoir imprimer. Ce coût fixe se répartit mal sur quelques pièces et devient négligeable sur une grande série, où l'impression elle-même est rapide.

Quelle technique pour un tee-shirt fin et léger ?

Une grande broderie dense alourdit et rigidifie un tee-shirt fin. Pour un grand visuel, une impression est généralement plus confortable. Pour un petit logo côté coeur, la broderie reste possible avec une numérisation légère et un bon stabilisateur.