Numérisation de broderie

Qu'est-ce que la numérisation de broderie ?

Numériser un motif, ce n'est pas convertir une image : c'est décider, forme par forme, comment le fil va la reproduire sur un tissu donné. Voici les principes qui structurent ce travail.

Mis à jour le DébutantPratique : 11 minLecture : 4 minPar la rédaction Broderie Lab

Une traduction, pas une conversion

Une image décrit des couleurs. Un fichier de broderie décrit des mouvements : déplacer le cadre de tant de dixièmes de millimètre, piquer, recommencer, couper le fil, changer de couleur. Entre les deux, il manque toutes les décisions qui font une broderie : dans quel sens poser les points, à quel écartement, sur quelle fondation, dans quel ordre.

C'est pourquoi on parle de numérisation, ou de « punching » dans le jargon hérité des anciennes machines qui lisaient des bandes perforées. Le terme désigne le travail d'un technicien qui interprète un dessin pour un procédé physique contraint : un fil d'épaisseur fixe, un tissu qui se déforme, une aiguille qui ne peut pas piquer deux fois au même endroit sans risque.

Les objets et leurs propriétés

Dans un logiciel de numérisation, on ne dessine pas des points un à un (sauf cas particuliers) : on crée des objets, c'est-à-dire des formes auxquelles on attribue des propriétés. Le logiciel calcule ensuite les points.

PropriétéQuestion à laquelle elle répondPour aller plus loin
Type de pointPoint droit, satin ou remplissage ?Types de points
AngleDans quelle direction poser les points ?Satin et remplissages
DensitéÀ quel écartement placer les rangs ?Densité
Sous-coucheQuelle fondation sous les points visibles ?Sous-couche
CompensationDe combien élargir pour contrer le tirage ?Compensation de tirage
Ordre, entrée, sortieQuand broder l'objet, où commencer et finir ?Ordre de broderie

Fichier de travail et fichier machine

Il existe deux familles de fichiers, et confondre les deux est une source fréquente de déceptions :

Le fichier de travail (natif)
Propre à chaque logiciel, il conserve les objets, leurs propriétés et souvent les polices. On peut le redimensionner, changer la densité, modifier une forme : le logiciel recalcule les points.
Le fichier machine
PES, DST, JEF, EXP, VP3 et bien d'autres : il contient essentiellement la liste des points, les coupes et les changements de couleur. Certains formats conservent quelques informations supplémentaires, mais aucun ne garde l'intelligence complète des objets.

Conséquence pratique : conservez toujours le fichier de travail et n'exportez le fichier machine qu'à la fin. Modifier un fichier machine revient à retoucher des points un par un ou à accepter une dégradation au redimensionnement. Voir les formats de fichiers et redimensionner un motif.

Les étapes d'une numérisation

  1. Analyser l'image : identifier les formes, les couleurs réellement nécessaires, les détails trop petits pour être brodés.
  2. Simplifier : fusionner les nuances, épaissir les traits fins, supprimer ce qui ne passera pas à la taille finale.
  3. Choisir le support : le tissu cible conditionne densité, sous-couche et compensation.
  4. Créer les objets : tracer chaque forme avec le type de point adapté et un angle réfléchi.
  5. Organiser l'ordre : fond avant premier plan, centre vers l'extérieur, regroupement des couleurs, limitation des sauts.
  6. Régler les propriétés : densité, sous-couche, compensation, chevauchements.
  7. Broder un échantillon sur le tissu réel, puis corriger.
  8. Exporter au format de la machine et archiver le fichier de travail.

Ce que la numérisation ne peut pas faire

  • Reproduire un dégradé photographique : on peut suggérer des dégradés par la densité et le mélange de couleurs, mais pas reproduire une photo pixel pour pixel.
  • Broder des détails sous l'épaisseur du fil : un trait de 0,3 mm ou un texte de 2 mm en satin ne tiendront pas.
  • Ignorer le support : un même fichier ne peut pas être optimal à la fois sur une toile de jean et sur un jersey fin.

Quels profils numérisent ?

La numérisation intéresse des profils très variés : la brodeuse amateur qui veut personnaliser ses projets sans dépendre des motifs du commerce, l'atelier qui veut reprendre la main sur les fichiers de ses clients, le graphiste qui ajoute une corde à son arc. Les besoins diffèrent, et les outils aussi : du logiciel libre Ink/Stitch aux suites professionnelles décrites dans les logiciels de numérisation. Le point commun reste la nécessité de broder, observer, corriger : aucune théorie ne remplace l'échantillon.

Questions fréquentes

Numérisation et vectorisation, est-ce la même chose ?

Non. La vectorisation transforme une image en formes géométriques. La numérisation ajoute à ces formes des propriétés de broderie (type de point, angle, densité, sous-couche, ordre). Un fichier vectoriel est une bonne base de départ, pas un fichier de broderie.

Pourquoi ne puis-je pas simplement convertir un JPG en PES ?

Parce qu'une image ne dit rien de la direction des points, de leur densité ni de l'ordre de broderie. Un logiciel peut deviner ces choix automatiquement, mais le résultat demande presque toujours des corrections.

Qu'est-ce qu'un fichier de travail ?

C'est le format natif du logiciel de numérisation. Il conserve les objets et leurs propriétés, ce qui permet de modifier proprement la taille, la densité ou les couleurs. Le fichier machine, lui, contient surtout des coordonnées de points.

Un motif numérisé fonctionne-t-il sur tous les tissus ?

Il fonctionne au mieux sur le type de tissu pour lequel il a été réglé. Sur un support très différent, comme une éponge au lieu d'une toile, une adaptation de la densité, de la sous-couche et de la compensation est souvent nécessaire.

Combien de points contient un motif ?

Cela dépend surtout de la surface remplie et de la densité. Un petit logo de poitrine compte couramment quelques milliers de points ; un grand motif dos plein en compte beaucoup plus. L'outil de temps de broderie aide à estimer la durée correspondante.